Sonia Mabrouk sur BFMTV : une première semaine mouvementée qui attise toutes les attentions

Sonia Mabrouk sur BFMTV : une première semaine mouvementée qui attise toutes les attentions

Sonia Mabrouk a fait son entrée sur BFMTV le lundi 24 août. Une première semaine placée sous haute tension. Les syndicats de la rédaction ont rapidement montré leur mécontentement. Retour sur sept jours qui ont concentré toute l’attention médiatique.

Une arrivée très attendue sur BFMTV

Le lundi 24 août à 18h45, les téléspectateurs ont découvert Sonia Mabrouk aux commandes de son nouveau rendez-vous 100 % Mabrouk. L’ex-figure de CNews a rejoint la chaîne du groupe RMC BFM après un départ remarqué l’hiver dernier. Dans Le Parisien, la veille de sa prise d’antenne, elle expliquait privilégier « la densité des propos et des personnalités, même si c’est parfois enflammé ».

Son arrivée s’inscrit dans un contexte électoral majeur. L’année 2026 est une année présidentielle. Les chaînes d’information en continu se positionnent déjà pour capter l’audience. BFMTV avait courtisé la journaliste l’année précédente, avant l’affaire Morandini. Cette fois, le contrat est signé.

Ce que la direction attendait de cette signature

Fabien Namias, directeur général de BFMTV, voit en Sonia Mabrouk un « enrichissement très fort pour la chaîne ». Le recrutement répond aussi à un objectif clair : conserver la place de leader des chaînes d’info. La première semaine devait prouver la pertinence de ce choix.

La journaliste affirmait, avant ses débuts, être « très contente de retrouver la pluralité, qui m’a manqué ». Une phrase qui prenait ses distances avec le groupe Bolloré. Un positionnement qui allait rapidement être testé.

Une première semaine déjà critiquée en interne

Trois jours suffisent pour que la polémique éclate. Le mercredi 26 août au soir, les syndicats SNJ et CGT du groupe RMC-BFM publient un communiqué cinglant. Ils reprochent à Sonia Mabrouk « d’importer la ligne CNews » et dénoncent « un défilé de personnalités d’extrême droite toutes plus problématiques les unes que les autres ».

La première semaine de l’émission a donc basculé dans une tout autre dimension. Les critiques internes se font rapidement publiques. Le débat s’installe jusque dans les colonnes des journaux et sur les réseaux sociaux.

Les invités qui ont déclenché la colère des syndicats

Plusieurs choix d’invités ont cristallisé les tensions durant cette première semaine mouvementée. Les syndicats ont pointé des profils précis :

  • 👤 Sophie de Menthon, lundi 24 août. L’entrepreneure avait tenu en 2013, sur RMC, des propos jugés misogynes sur Nafissatou Diallo. Le CSA avait alors mis en demeure la radio.
  • 👤 Céline Pina, mardi 25 août. L’essayiste, ex-chroniqueuse de CNews, avait été écartée par la chaîne pour des propos problématiques, notamment un montage photo islamophobe lié au nouveau maire de New York.
  • 👤 Robert Ménard, chaque dimanche. Le maire de Béziers, ex-figure de CNews, doit animer un débat hebdomadaire avec Sonia Mabrouk. Cette présence récurrente est perçue comme une provocation en interne.

Le communiqué des syndicats est sans ambiguïté : « Il n’est pas question que notre chaîne d’informations devienne sur cette émission une pâle copie d’une chaîne d’opinion. »

La direction répond en demi-teinte

Face à la pression, la direction de BFMTV a tenté d’éteindre l’incendie le mercredi 26 août. Selon Pure Médias, elle a apporté des précisions sur le rendez-vous dominical. Ce sera « une discussion au long cours », poursuivie avec un trio d’éditorialistes de sensibilités différentes.

Un petit mea culpa a également été fait sur le choix des invités. La direction affirme vouloir « être beaucoup plus vigilante à l’avenir sur le CV des invités, et ne pas faire venir en plateau d’anciens chroniqueurs de CNews ». Une promesse qui semble fragile.

La réponse ferme de Sonia Mabrouk sur France Inter

Le jeudi 27 août au matin, Sonia Mabrouk est invitée sur France Inter. Interrogée par Benjamin Duhamel, elle déclare « placer au-dessus de tout la liberté de choix des invités ». Elle ajoute qu’il n’y a « pas d’invités tabous ».

Sa défense est directe. Elle refuse d’« abandonner les personnes et qu’on puisse dire tout et n’importe quoi à leur sujet ». Et de préciser : « Quand elles ont des propos qui choquent, je suis là évidemment pour être garde-fou. » Son ton est ferme, presque offensif.

Sur l’accusation de « CNewsisation », sa réponse est claire : ces critiques sont prématurées. « Accordez-moi quand même la possibilité de discuter, de dialoguer, d’ajuster », demande-t-elle. Une posture qui ne calme pas les esprits.

La réaction de Pascal Praud, un écho inattendu

Même son ancien employeur s’est invité dans le débat. Le 27 août, sur CNews, Pascal Praud a commenté la situation avec un certain amusement. Sa phrase est cinglante : « Sonia fait la même émission qu’elle faisait sur CNews. En gros, c’est la même personne et elle fait la même émission et elle est interrogée aujourd’hui sur France Inter. »

Une remarque qui souligne une contradiction. La journaliste a changé de maison, mais pas de ton. Ce constat alimente les interrogations sur son positionnement réel au sein de BFMTV.

Les audiences de la première semaine : des chiffres contrastés

Les syndicats dénoncent aussi l’inaction de la direction, qui « regarde ailleurs ». Mais la direction mise sur les chiffres. Et les chiffres de cette première semaine méritent une lecture attentive.

Une progression nette en trois jours

Le premier numéro de 100 % Mabrouk a déçu. Les audiences étaient jugées faibles, derrière CNews. La situation s’est améliorée dès le mardi, puis le mercredi.

Le mercredi 26 août, l’émission a attiré 405 000 téléspectateurs, soit 3,1 % de part d’audience. Un pic à 546 000 téléspectateurs a même été atteint en cours d’émission. Ce pic correspondait aussi au meilleur moment de la chaîne sur la journée. BFMTV était leader sur la tranche 18h45-21h.

Le choc de la quatrième soirée

Le jeudi 27 août, la donne change. Le retour de Christine Kelly et Pascal Praud sur CNews, et de David Pujadas et Darius Rochebin sur LCI, durcit la concurrence. Les audiences de Sonia Mabrouk chutent : 264 000 téléspectateurs, soit 1,9 % de part d’audience.

Le contraste est saisissant avec les chiffres de la concurrence :

  • 📊 Christine Kelly : 522 000 téléspectateurs
  • 📊 L’Heure des Pros 2 avec Pascal Praud : 638 000 téléspectateurs
  • 📉 Sonia Mabrouk : 264 000 téléspectateurs

La première semaine mouvementée de Sonia Mabrouk laisse donc des traces. Les prochaines éditions diront si le rendez-vous parvient à trouver son public, ou si la polémique s’installe durablement.

Ce qu’il faut retenir de cette première semaine

Le lancement de Sonia Mabrouk sur BFMTV a tenu toutes ses promesses en termes de retombées médiatiques. L’attention médiatique est maximale. Mais elle s’accompagne d’une pression constante sur ses choix éditoriaux.

La direction doit arbitrer entre la liberté de sa nouvelle recrue et l’apaisement des équipes. Les syndicats, eux, restent mobilisés. Le sujet est sensible en année électorale, et la question du pluralisme est au cœur de toutes les attentions.

Ce feuilleton est loin d’être terminé. La première semaine a révélé des lignes de fracture profondes au sein de la rédaction. L’émission 100 % Mabrouk existe déjà, mais son identité réelle reste à définir. Le public tranchera. Et il a déjà rendez-vous chaque soir à 18h45.

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